EXPLORATION

SCIENTIFIQUE

DE L'ALGÉRIE

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PENDANT LES ANNÉES 1840, 1841, 1842

EXPLORATION

SCIENTIFIQUE

DE L'ALGÉR] I

PENDANT LES ANNÉES 1810, 1841, 1842

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SCIENCES PHYSIQUES

ZOOLOGIE III

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HISTOIRE WTl RELLE

ANIMAUX ARTICULÉS

PVR H. LUCAS

IKL'VI D'HISTOIRE NATURELLE , MEMBRE DR LA COMMISSION SCIENTIFIQUE DE 1 DES SOCIÉTÉS ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE ET PHÏLOMAT1QUE DE PARIS CHEVALIER DE LA LEGION D'HONNEUR

TROISIÈME PARTIE

INSECTES

TROISIÈME PARTIE

INSECTES

(SUITE.)

Zoot .. Anim. articulés. IIP partie.

HISTOIRE NATURELLE

DES

ANIMAUX ARTICULÉS

CINQUIÈME CLASSE.

INSECTES.

(SUITE.)

DEUXIÈME ORDRE.

LES ORTHOPTÈRES.

PREMIÈRE FAMILLE.

LES FORFICIJLIENS.

Genus Forficesila, Latr. Forficula, Auct. 1. Forficesila gigantea (Forficula).

Fabr. Eut. syst. tom. II, p. 1, 2 (mâle).

Oliv. Encycl. méth. tom. VI, p. 466, 2 (mâle).

Latr. Gêner, crust. et ins. tom. III, p. 82.

Sav. Descript. de l'Egypte, Orihopt. pl. 1, lig. 1.

Brull. Hist. nat. des ins. tom. IX, p. 28, pl. 1, fig. 1.

Ramb. Faun. ent. de l'And. tom. II, p. 3, 1.

Serv. Hist. nal. des ins. Orthopt. p. 23, 3, pl. 1, fig. 2 (mâle).

Burm. Handh. der Ent. tom. II, p. 75i , [\.

Forficula pallipes, Fabr. Ent. syst. tom. II, p. 5, n" 16.

Forficula crenata, Oliv. Encycl. méth. tom. VI, p. 467, 4 (femelle).

Forficula maxima, de Villers, Ent. tom. I, p. 427, pl. 2, fig. 53 (mâle).

Psalis morbida, Serv. Rev. des orlhopl. Ann. des se. nal. 1" série, tom. XXII, p. 35, n' 2.

Cette espèce, assez abondamment répandue, pendant l'hiver et tout le printemps, dans l'Est et l'Ouest de l'Algérie, se plaît sur les bords des rivières, particulièrement à leur

1.

'I

HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX ARTICULÉS.

embouchure, et se tient sous les débris de végétaux et quelquefois aussi sous les fucus rejetés par la mer. Environs cl'Oran, d'Alger, de Philippeville et de Bône.

2. Forficesila maarilanica, Luc. (Pl. 1, fig. i.)

Long. 24 mîHim. iarg. 7 millim.

F. fusca,punctata; segmentis abdominisposticè aurantiaco-pilosis; antennis 18 vel 22 articulatis; elytris alisque nullis; abdomine elongato, in medio lato, posticè angustato, segmento ultimo latiore quàm longiore; chelis elongatis , robustis, punctatis, utrinqueintùs sat fortiter denliculatis ; pedibus ferrugineis, femoribus posticè fuscis tibiisque fuscescentibus.

Elle ressemble un peu à la F. maritima, avec laquelle elle ne pourra être confondue à cause de son dernier segment abdominal, qui, clans les deux sexes, est plus large que long. La tête, d'un noir brillant, présente quelques points peu marqués, placés çà et là. Les palpes labiaux et maxillaires sont d'un brun roussâtre, avec l'extrémité de chaque article testacée. Les antennes, composées de dix-huit à vingt- deux articles, sont roussâtres, grêles, d'un brun foncé et parsemées de poils courts, peu serrés. Le thorax est de même couleur que la tête, ponctué, avec les bords latéraux teintés de jaune ferrugineux. Les élytres et les ailes sont nulles. L'abdomen est très-peu convexe, ponctué, plus large dans sa partie médiane que postérieurement; il est d'un brun marron, avec le bord postérieur des troisième, quatrième et cinquième segments d'un brun ferrugineux; postérieurement, tous les segments sont revêtus de poils très-courts, très-serrés, d'un jaune clair; le segment anal, ou celui qui supporte les pinces, est beaucoup plus large et un peu plus allongé que dans la F. mari- tima, avec les points dont il est parsemé moins nombreux et plus fortement accusés que sur tous les autres segments; en outre il est à noter que le sillon longitudinal de ce dernier segment est aussi beaucoup plus marqué que dans la F. maritima. Les pinces (dans le mâle ) , de même couleur que l'abdomen , d'un brun ferrugineux cependant à leur naissance, sont plus allongées et moins fortement arquées que dans la F. maritima; elles sont finement ponctuées et assez fortement denticulées à leur côté interne; chez la femelle, elles sont droites, plus allongées et surtout beaucoup plus épaisses à leur naissance que dans la F. ma- ritima, et s'entre-croisent aussi bien moins cpie dans cette dernière espèce; elles sont ponc- tuées comme celles du mâle, avec les dents que le bord interne de ces organes présente plus nombreuses et plus fortes que celles du mâle. Tout le corps, en dessous, est ponctué, d'un brun marron clair, parsemé de poils roussâtres assez allongés et peu serrés; de même qu'en dessus, la partie postérieure de chaque segment est bordée de poils d'un jaune clair. Les pattes sont assez allongées, robustes, et, au lieu d'être d'un jaune pâle, comme dans la F. maritima, ces organes sont ferrugineux, à l'exception cependant de l'extrémité des fémurs, qui est tachée de brun foncé, et des tibias, qui sont d'un brun clair; des poils assez allongés, roussâtres, hérissent ces organes.

J'ai rencontré cette espèce dans l'Est et dans l'Ouest de nos possessions, elle n'est pas très-rare pendant l'hiver et une grande partie du printemps; elle se plaît sous les pierres humides, quelquefois enfoncée en terre. Environs de Bougie, d'Alger, de Pbilippeville, de

CINQUIÈME CLASSE. INSECTES. 5

Constantine, deBône, du cercle de Lacalle et d'Oran. Je possède quelques individus qui ont été pris aux îles Habibas par MM. Deshayes et Vaillant

Pl. 1, fig. i. Forficesila mauritanica (mâle), de grandeur naturelle, ia une mâchoire, ih une antenne . ir les pinces de la femelle vue en dessous, iJ les pinces du mâle vues en dessous.

3. Forficesila maritima.

Gêné, Monogr.forf. Ann. délie scienze del regno Lombardo-Veneto , 2 bim. p. g. Sav. Descripl. de l'Egypte, Orlhopt. pl. 1, fig. 6. Ramb. Faun. eut. de l'And. tom. H, p. 8 , 6. Serv. Hist. nat. des ins. Orthopl. p. 27, 9.

Je l'ai rencontrée à la fin de janvier, sous les pierres humides, quelquefois enfoncée en terre; je n'ai pas trouvé très-communément cette espèce. Environs du cercle de Lacalle.

h. Forficesila vicina, Luc. (Pl. 1, fig. 2.)

Long. 8 millim. \, larg. 2 millim. [.

F. suprà fusco-fulva, infrà fulvorufescens ; capite fuscorufescente, antennis articulis 20,his tomentosis, testaceo-rufescentibus ; thorace glabro, transversim impresso, fuscorufescente testaceo marginato; elytris glabris, posticè subtruncatis ; alis ad apicem subtiliter tuberculatis testaceoque marginatis; chelisbrevibus , in u troque sexu sublilissimè denticulatis ; pedibus testaceis, femoribus tibiisque fuscorufescente tinctis.

Elle ressemble beaucoup à la F. meridionalis de M. Audinet-Serville, avec laquelle on ne pourra cependant la confondre à cause de ses pinces , qui , dans les deux sexes , sont très-fine- ment denticulées à leur base et qui ne présentent pas de dent placée aux deux tiers de leur longueur. Le corps est d'un brun fauve en dessus, d'un fauve roussâtre en dessous. La tète est lisse, d'un brun roussâtre en dessus, avec la partie inférieure de même couleur, mais plus claire. Les palpes maxillaires et labiaux sont testacés, avec les articles terminaux légèrement teintés de brunâtre. Les antennes sont d'un testacé roussâtre , tomenteuses et composées de vingt articles. Le thorax est glabre, d'un brun roussâtre, déprimé transversalement, avec les côtés bordés de testacé. Les élytres sont glabres, d'un brun roussâtre clair, avec leur extrémité moins fortement tronquée que dans la F. meridionalis; les ailes, à leur sommet , sont finement tuberculées et bordées de jaune clair. L'abdomen est tomenteux, d'un brun fauve en dessus, avec la partie inférieure d'un fauve roussâtre clair. Les pinces, d'un brun roussâtre foncé , très-finement denticulées à leur base et au côté interne dans les deux sexes , ne présentent pas, comme clans la F. meridionalis, de dent placée aux deux tiers de leur lon- gueur; elles sont aussi moins fortement courbées, plus courtes et surtout plus grêles que dans cette dernière espèce; dans la femelle, ces pinces sont presque droites et chevauchent l'une sur l'autre à leur extrémité. Les pattes sont testacées, avec l'extrémité des fémurs et la naissance des tibias teintées de brun roussâtre.

Cette espèce est assez rare; je n'en ai rencontré que quelques individus, que j'ai pris, pen- dant l'hiver, dans les environs d'Alger et du cercle de Lacalle ; cette Forficésile se plaît sous les pierres situées dans des lieux humides.

6 HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX ARTICULÉS.

Pl. 1, 6g. 2. Forfwesila vwina, grossie, la grandeur naturelle, a" une mâchoire, 2' une antenne 2 les pinces de la femelle vues en dessous , 2' les pinces du mâle vues en dessous.

Genus F orficula, Linn. Chelidonra, Latr.

5. Forficula auricularia.

Linn. Syst. nat. tom. II, p. 68i, n" î.

Fabr. Eut. syst. tom. II, p. î, î.

Ouv. Encycl. mélh. tom. VI, p. 466, i.

Panz. Faiin. Germ. fasc. 87, lig. 8 (mâle).

Latr. Gêner, crust. et ins. tom. III, p. 82 , n" 1 .

Desm. Fam.franç. Orthopt. pl. 1 , «g. 5 (femelle).

Brull. Hist. nat. des ins. tom. IX, p. 29, pl. 1, fig. 3.

Ramb. Faon. eut. de F And. tom. II, p. 6, 3.

SERV. Hist. nat. des ins. Orthopt. p. 36, 1.

Burm. Handh. derEnt. tom. II, p. 753, i£.

Elle est très-commune, dans toute l'Algérie, pendant tout l'hiver, le printemps et une grande partie de 1 été; elle se plaît dans les lieux humides et se tient particulièrement sous les pierres et sous les écorces des arbres.

Dans le cercle de Lacalle, j'ai quelquefois rencontré, sous les écorces des chênes-lie.es une vanete chez laquelle le disque du thorax, au lieu d'être brun, est de la couleur des bords latéraux, c est-à-dire testacé.

DEUXIÈME FAMILLE.

LES BLAT TIENS.

Genus Kakerlac, Latr. Blatta, Aucl. 6. Kakerlac americana {Blatta).

Linn. Syst. nat. tom. II, p. 687. Fabr. Eut. syst. tom. II, p. 7, 6.

Palis, de Beauv. Ins. d'Afriq. et d'Am. p. i8j , Orthopt. pl. 1 b fW ,

Desu. Faun.franç. Orthopt. pl. 2,%. 1.

Brull. Hist. nat. des ins. tom. IX, p. 53, pl. 4, fig. 3.

Serv. Hist nat. des ins. Orthopt. p. 68, 2.

La grande Blatte, Geoffr. Hist. nat. dès ins. des env. de Pans, tom. I, p. 38!, n' 2.

Rencontré, en mai, dans les maisons du cercle de Lacalle; je l'ai pris aussi, dans les mêmes conditions, dans les villes de Bône et d'Alger.

CINQUIÈME CLASSE. —INSECTES. 7

^ II me semble que les fig. 1 61, 1 7 \ et 1 8', de la planche 2 des Orthoptères de l'expédition d'Egypte, pourraient bien appartenir à cette espèce.

7. Kakerlac orienialis [Blatta).

Linn. Faon. suec. 862.

Fabr. Ent. syst. tom. II, p. 9, 17.

Panz. Faim. Germ. fasc. 96, fig. 12 (mâle).

Palis, de Beauv. Ins. d'Afr. et d'Amér. p. 228, Orthopt. pl. 2 c, fig. 3 (mâle).

Dbsm. Faun. franc. Orthopt. pl. 2, fig. 2 (mâle).

Brull. Hist. nal. des ins. tom. IX, p. g/f , 6, pl. 3, fig. 5.

Serv. Hist. nat. des ins. Orthopt. p. 72, 8.

La Blatte des cuisines, Geoffr. Hist. nat. des ins. des env. de Paris, lom. I, p. 38o , n" 1, pl. 7, fig 5 (mâle et femelle). '

Elle est beaucoup plus commune que la précédente, et je l'ai rencontrée dans les mêmes lieux et dans les mêmes conditions.

Ne faudrait-il pas rapporter à cette espèce les fig. , /, ' et 1 5', de la pl. 2 des Orthop- tères de l'expédition d'Egypte?

Genus Blatta, Linn.

8. Blatta germanica.

Linn. Sjst. nat. tom. II, p. 688, 9.

Fabr. Ent. syst. tom. II, p. 10, 22.

Oliv. Encycl. méth. tom. IV, p. 320, 3o.

Stoll, Kakerlac, pl. 4, fig. 18.

Touss. Charp. Horœ ent. p. y3.

Hanh, Iconogr. orthopt. 1, Blatt. pl. A, fig. 2 a, b.

Brull. Hist. nat. des ins. tom. IX, p. 55, 7.

Serv. Hist. nat. des ins. Orthopt. p. 107, 36.

Burm. Handb. der Ent. tom. II, p. 497, 8.

Rencontré à la fin d'avril, sous les feuilles humides, dans les bois du lac Tonga; envi- rons du cercle de Lacalle.

9. Blalla livida.

Fabr. Ent. syst. tom. II, p. 10, 23. Oliv. Encycl. méth. lom. IV, p. 3 19, 9. Serv. Hist. nat. des ins. Orthopt. p. 109, 38.

Ce n'est que dans les environs d'Alger, tout à fait à la fin de février, que j'ai rencontré cette espèce, qui se plaît sous les pierres, dans les lieux humides, ombragés et couverts d herbes. Environs de Kouba.

s

HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX ARTICULÉS.

10. Blatia cincticollis, Luc. (Pl. 1, fig. 3.)

Long. 6 millim. £, enverg. 12 millim.

B. capite ferrugineo, anticè fusco vel omninô ferrugineo; thorace fusco , lœvigato, omninô albido-testaceo circumcincto ; elytris albklo-testaceis , ad basim fuscis fuscoque rufescente maculatis; abdomine pedi- busque fuscis, horum tarsis spinisque testaceis.

La tête est lisse, ferrugineuse, quelquefois d'un brun foncé à son extrémité. Les palpes maxillaires et labiaux sont d'un brun roussâtre. Les antennes sont d'un roux testacé, héris- sées de poils très -courts, de même couleur que les antennes. Le thorax, légèrement concave à sa partie antérieure, est arrondi sur les côtés; les angles, de chaque côté de la base, sont aussi arrondis, et cette dernière paraît comme tronquée; il est d'un brun bril- lant, lisse et largement entouré de blanc testacé. Les élytres, de la longueur de l'abdomen, sont d'un blanc testacé, d'un brun fauve à leur naissance et parsemées de taches d'un brun roussâtre; ces taches, petites, assez serrées, sont placées dans les intervalles que laissent les nervures, de manière que ces dernières sont entièrement d'un blanc testacé. Les pattes sont d'un brun roussâtre, avec l'articulation fémoro-tibiale et les épines qui arment les tibias, testacées. Les tarses sont aussi de cette couleur, mais tachés de roussâtre. L'abdo- men est d'un brun foncé.

Elle habite l'Est et l'Ouest de l'Algérie; je ne l'ai rencontrée qu'une seule fois, en mai, sous les feuilles humides, dans les bois du lac Tonga, aux environs du cercle de Lacalle ; l'individu que je possède de l'Ouest a été pris aux îles Habibas par M. Vaillant, peintre d'histoire naturelle de la commission scientifique.

Pl. 1, fig. 3. Blatta cincticollis, grossie, 3a la grandeur naturelle, 3b la tête vue de face.

Genus Polypiiaga, Bruil. Blatta, Serv. 1 1 . Polyphaga œgyptiaca [Blatia).

Linn. Mus. Lud. Ulr. p. 107. Fabr. Ent. syst. tom. II, p. 6.

Sav. Descript. de l'Egypte, pl. 2, fig. 12', 12 2, 8' et 9'. Brull. Hist. nat. des iris. tom. IX, p. 5y, pl. 3, fig. 3. Serv. Hist. nat. des ins. Orlhopt. p. g4 , n" 16.

On la rencontre dans l'Est et dans l'Ouest de l'Algérie; je n'ai trouvé qu'un seul individu mâle, que j'ai pris, en mai, dans les ruines d'Hippône; quant à la femelle, je n'en ai ren- contré que quelques individus à l'état de larve, trouvés, dans les derniers jours de no- vembre, sous des feuilles de Chamœrops humilis en décomposition, aux environs d'Oran.

CINQUIÈME CLASSE. INSECTES. 9 TROISIÈME FAMILLE.

LES MANTIENS.

Genus Empusa, Hlig. Gongylus, Thunb. Mantis, Auct. 12. Empusa pauperala (Mantis).

Fabr. Ent. syst. tom. II, p. 17, 18.

Rossi, Faun. etrusc. lom.I, p. 258.

Sav. Descripl. de l'Egypte, Orlhopl. pl. 1, fig. 8.

Touss. Charp. Horœ eut. p. 87.

Latr. Gêner, crust. et ins. tom. III, p. 90.

Brull. Hist. nat. des ins. tom. IX, p. 79, 3, pl. 5, lig. 1.

Serv. Hist. nat. des ins. Orlkopt. p. i45, 110 6.

Burm. Handb. der Ent. tom. II, p. 6^7, 6.

Dot. Allas du règne anim. de Cuv. Ins. pl. 78, lig. 2.

Gongylus pauperalus , Thdnb. Mém. de l'Acad. imp. des se. de S'-Pétersb. tom. V, p. 2g5.

Cette espèce n'est pas très-commune; je n'en ai rencontré qu'un seul individu, que j'ai pris, à la fin de mai, dans les environs de Constantine. Cette Empuse a aussi été prise, dans les environs de Sélif, par M. Morelet.

Geims Harpax, Serv. Empusa, Palis, de Beauv. Gongylus, Thunb. Mantis, Auct.

13. Harpax decolor (Mantis). (Pl. 1, fig. /\.) Touss. Charp. Horœ eut. p. 90.

C'est en juin que je rencontrais cette espèce, qui se plaît dans les lieux ombragés et couverts d'herbes; elle n'est pas très-commune; je n'en ai trouvé que quelques individus, que j'ai pris, dans les bois du lac Houbeira, aux environs du cercle de Lacalle. Elle est très-vive, vole par saccades et aime à se reposer à la base des tiges des grandes herbes.

Pl. I, fig. à. Harpax decolor, de grandeur naturelle, 4a la tête grossie vue de face, !\h une antenne, 4e une patte de la première paire.

Zoot,. Anim. articulas. IIIe partie.

2

10

HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX ARTICULÉS.

14. Harpax nana [Mantis).

Touss. Ciiarp. Horœ ent. p. 91.

Ramb. Faun. ent. de Y And. lom. II, p. 22 , n" 5, pl. 1, fig. 3.

Cette espèce, dont je n'ai rencontré qu'un seul individu, se plait dans les lieux couverts d'herbes, ombragés et humides. C'est vers le milieu de juillet, dans les bois du lac Hou- beira, aux environs du cercle de Lacalle, que j'ai trouvé cette jolie petite Mantide.

Genus Mantis, Linn.

15. Mantis bimaculaia.

Burm. Handb. der Ent. tom. II, p. 537, 35.

Mantis, Sav. Descript. de l'Egypte, Orthopt. pl. 1, lig. 1 1.

Mantis simulacrum , Serv. Hist. nat. des ins. Orthopt. p. 184, n" 11.

Cette espèce présente une variété assez remarquable, qui, au lieu d'être verte, est, au contraire, d'un jaune feuille morte.

J'ai rencontré cette Mante , qui n'est pas très-commune , dans l'Est et dans l'Ouest de nos possessions; elle est assez agile et fuit avec rapidité lorsque l'on veut s'en emparer. Environs d'Oran, d'Alger, de Rougie et de Rône, pendant tout l'été et une grande partie de l'automne.

16. Mantis reîigwsa.

Linn. Syst. nat. p. 690, 5.

Fabr. Ent. syst. tom. II, p. 20, 11° 3i.

PoiR. Voy. en Barb. tom. I, p. 3o4.

Oliv. Encycl. méth. tom. VII, p. 627, 10.

Touss. Charp. Horœ ent. p. 86.

Brull. Hist. nat. des ins. tom. IX, p. 80, 4, pl. 5, lig. 2. Serv. Hist. nat. des ins. Orthopt. p. 194, 26. Burm. Handb. der Eut. tom. II, p. 535, 26. Doy. Atlas du règne anim. de Cuv. Ins. pl. 78, fig. 1.

Reaucoup plus commune que la précédente; je l'ai trouvée pendant les mêmes saisons et dans les mêmes lieux.

17. Mantis oratoria. Linn. Syst. nat. tom. II, p. 690, n" 6.

Poir. Voy. en Barb. tom. I, p. 3o3.

Touss. Ciiarp. Horœ ent. p. 89.

Latr. Gêner, crust. et ins. tom. III, p. 92.

Wied. Arch. tom. IV, p. i32.

Serv. Hist. nat. des ins. Orthopt. p. ig5, n" 27.

Burm. Handb. der Ent. tom. II, p. 5/io, l\k-

Mantis fencstrata, Brull. Expéd. se. de Morée, loin. III, Zool. p. 84, n' /j7, pl. 39, fig. 5.

Cette espèce, que je dois à l'obligeance de M. Cordier, a été rencontrée une seule fois, en été, dans les environs de Mostaganem.

CINQUIÈME CLASSE. INSECTES.

1 1

18. Manlis bœtica.

R a MB. Fcuin. ent. de l'And. toni. II, p. 19, 3, pl. 1, iig- 1 a 2.

Chez les deux individus mâles que je possède, on ne voit pas, sur le disque des élytres, qui sont d'un gris jaunâtre , un espace brunâtre circonscrit par deux taches noires trans- verses, bordé intérieurement par une autre tache blanchâtre. Quant aux individus femelles, ils ressemblent tout à fait à ceux du Midi de l'Espagne, avec cette différence cependant que l'espace brunâtre que présentent les élytres n'est pas aussi distinctement traversé par quatre ou cinq lignes noires, comme cela se voit chez les individus de ce sexe pris, aux environs de Malaga, par M. Rambur.

Cette espèce habile l'Est et l'Ouest de l'Algérie et paraît assez rare. Les quelques individus des deux sexes que j'ai rencontrés ont été pris tout à fait à la fin de l'été, dans les environs d'Alger, près l'hôpital du Dey; je possède aussi un individu mâle qui a été trouvé, dans les environs d'Oran, par M. le colonel Levaillant. Cette espèce se plaît dans les lieux secs et arides.

QUATRIÈME FAMILLE.

LES PIIASMIE1NS.

Genus Bacillus, Latr. Phasma, Auct, 19. Bacillus Rossii (Phasma).

Fabr. Enl. syst. Suppl. p. 187, n" [\. Rossi, Fau.11. etrusc. tom. I, p. 259, pl. 8, fig. 1. Latr. Gêner, crusl. el iris. tom. V, p. 88. Touss. Charp. Horœ ent. p. 93.

Brull. Hist. nal. des ins. tom. IX, p. m, pl. 9, fig. 2 , a.

Gray, Synops. p. 20 (mâle).

Serv. Ifist. nal. des ins. Orlhopt. p. 2 56, n" 1.

Burm. Handb. der Ent. tom. II, p. 56 1, n" 1.

Doy. Atlas du règne anim. de Cav. Ins. pl. 79, fig. 2.

On trouve cette espèce dans l'Est et l'Ouest de l'Algérie; elle se plaît dans les lieux cou- verts d'herbes et ombragés. Environs d'Alger et du cercle de Lacalle. Les individus que je possède de la province d'Oran m'ont été donnés par M. Deshayes.

12

HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX ARTICULÉS.

20. Bacillus lobipes, Luc. (Pl. I, fig. 5.)

Long. 74 miHim. targ. 4 miUim. {.

B. fuscollavescens; capitebrevi, lamgato, anticè biimpresso ; prothorace, mesothorace ac metathorace in medio unicarinatis, anlicè posticèque tuberculatis ; abdomine laevigato, attamen tertio quartoque seg- mentis posticè fortiter gibbosis, ultimo in medio unicarinato; pedibus exilibus, externè subdenticulatis femoribus tibiisque bifoliaceis.

D'un brun jaunâtre. La tête, peu allongée, cylindrique , entièrement lisse, présente, à sa partie antérieure, entre les yeux, deux petites dépressions assez bien marquées. Les antennes sont d'un brun roussâtre, plus longues que la tête et composées de vingt-deux articles. Le prothorax est un peu plus court et un peu plus large que la tète , rebordé laté- ralement, assez fortement déprimé clans sa partie médiane, et armé, à ses parties anté- rieure et postérieure, d'un petit tubercule d'un brun foncé. Le mésotborax, long de i i mil- limètres, est assez fortement unicaréné dans sa partie médiane, ainsi que le métathorax, qui est plus long que le mésothorax : tous deux sont un peu plus larges que le prothorax, cylindriques, et offrent comme ce dernier, à leurs parties antérieure et postérieure, un petit tubercule plus large que long, d'un brun foncé. L'abdomen est filiforme, de même largeur que le métathorax, cylindrique, s'amincissant graduellement et se terminant presque en pointe; tous les segments abdominaux sont lisses, à l'exception cependant du troisième et du quatrième, qui, à leur partie postérieure , sont armés d'une protubérance très-saillante, faiblement échancrée dans sa partie médiane , et du quatrième, qui est fortement unicaréné dans son milieu. Les pattes sont allongées, très-grêles, de même couleur que le corps et finement tachées de brun; les fémurs, à leur côté externe, sont très-légèrement épineux, et on aperçoit à leur extrémité, seulement dans les seconde et troisième paires de pattes, deux tubercules très-prononcés, foliacés, d'un jaune testacé taché de brun; les tibias pré- sentent aussi, à leur extrémité, deux tubercules foliacés, mais ces derniers sont moins pro- noncés que dans les articles précédents.

Je n'ai trouvé qu'un seul individu de cette espèce remarquable , que j'ai pris à la fin de juillet, dans le Boudjaréa, aux environs d'Alger.

Pl. 1, fig. 5. Bacillus lobipes, de grandeur naturelle, 5a la tête vue de face, 5b une antenne, 5e une patte de la seconde paire, 5d un tarse vu en dessous, o" la plaque sous-anale.

CINQUIÈME CLASSE. INSECTES.

13

CINQUIÈME FAMILLE.

LES LOCUSTIENS.

Genus Decticus, Serv. Locusta, Auct.

21. Decticus albifrons (Locusta). Fabr. Ent. syst. lom. II, p. 4i, 29.

Latr. Hist. mit. des crusl. et des ins. tom. XII, p. 1 3-3 , n" 8.

Touss. Charp. Horœ eut. p. 12 5.

Sav. Descript. de l'Egypte, Orthopi. pl. 3, fig. 8.

Germ. Faiin. Europ. p. 20,

Bhull. Ilist. nat. des ins. tom. IX, p. i5o.

Ramb. Faun. enl. de î'And. tom. II, p. 63.

Serv. Hist. nat. des ins. Orthopt. p. 48G, 3.

Burm. Handb. der Ent. tom. II, p. 709, 1.

On rencontre cette espèce dans l'Est et l'Ouest de nos possessions d'Afrique ; elle se plaît dans les champs et n'est pas rare, surtout pendant et après les récoltes. C'est particulièrement dans la grande plaine de Bône, aux environs de Sétif et au camp des Faucheurs, dans les environs du cercle de Lacalle , que j'ai trouvé assez communément ce Decticus.

M. Guyon a rencontré aussi Irès-abondamment cette espèce aux environs d'Alger.

22. Decticus tessellatus (Locusta).

Touss. Charp. Horœ ent. p. 121, pl. 3, iîg. 7 (femelle). Philipp. Orthopt. Bei-ol. p. 20, 8, pl. 1, fig. 4 (mâle). Serv. Hist. nat. des ins. Orthopt. p. 489, 6. Burm. Handb. der Ent. tom. II, p. 710, 5.

Cette espèce est beaucoup plus rare que la précédente; je n'en ai rencontré que deux individus, que j'ai pris tout à fait à la fin de mai, sur les collines qui bordent le Rummel; environs de Constanline.

Genus Conocephalus, Thunb. Locusta, Aucl.

23. Conocephalus mandibularis (Locusta). (Pl. 2, fig. 6.)

Touss. Charp. Horœ ent. p. 106.

Serv. Hist. nat. des ins. Orthopt. p. 621, g.

Burm. Handb. der Ent. tom. II, p. 705, 6.

Locusta tubercalata , Bossi, Mant. ins. tom. I, p. io3.

Latr. Hist. nat. des crust. et des ins. lom. XII, p. 102 , 7.

Locusta erythrosoma, Oliv. Encycl. méth. tom. X, p. 3^2, 2.

Cette espèce, que j'ai rencontrée en juillet dans les marais d'Aïn-Dréan, aux environs du cercle de Lacalle, se plaît dans les lieux humides, ombragés et couverts d'herbes.

14 HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX ARTICULÉS.

Pl. 2, fig. 6. Conocephalus mandibularis , de grandeur naturelle , la tète grossie vue de profil, 6b plaque sous-anale femelle, extrémité de l'abdomen , avec la tarière de la femelle vue de profd , 6d plaque sous- anale mâle.

Genus Phaneroptera, Serv. Locusta, Aucl.

24. Phaneroptera liliifoliœ (Locusta).

Fabr. Ent syst. tom. II, p. 36, 9. Latk. Gêner, crust. el ins. lom. III, p. 101. Touss. Ciiarp. Horœ ent. p. io5.

Sav. Descripl. de l'Egypte, Ins. pl. U, fig. 6 (mâle), fig. 7 (femelle;. Serv. Hist. nat. des ins. Orthopt. p. /[2i, 12. Burm. Ilandb. der Ent. lom. II, p. 690, 5.

Cette espèce habite les environs d'Alger, de Constanline et du cercle de Lacalle , et se tient dans des lieux frais, ombragés et ordinairement couverts d'herbes.

Genus Locusta, Geoffr. Grjllus, Lirm. 25. Locusta Savignyi, Luc.

Long. 35 millim. enverg. 94 millim.

L. viridis; capite subtiliter laxèque punctato; tborace elongato, posticè granario, carinâ medià sat pro- minente; elytris, alis abdomineque virescenlibus, hoc lateraliter flavescente maculato; pedibus elongatis posticè femoribus tibiisque fuscorufescente spinosis.

La tête, d'un vert jaunâtre, est parsemée de points très-lins, peu serrés et tachés en dessus, dans sa partie médiane, de brun ferrugineux. Le tubercule frontal est comme dans la L. viridissima. Les organes de la manducation ne présentent rien de remarquable et sonl de même couleur que la tête. Les antennes sont d'un jaune verdâtre; cependant je possède un individu femelle chez lequel ces organes sont d'un brun foncé. Le thorax, plus large et surtout plus long que dans la L. viridissima, est de même couleur que la tête, taché de brun roussâtre dans la femelle seulement, sillonné sur les parties latérales, avec le disque sensiblement chagriné et la carène dorsale assez saillante. Les ailes et les élytres ne pré- sentent rien de remarquable et sont comme dans la L. viridissima. L'abdomen est verdâtre, taché de jaunâtre latéralement. L'oviscapte ne présente rien de remarquable. La plaque sous-anale , dans la femelle , est plus allongée , plus profondément échancrée , déprimée dans sa partie médiane, et ne présente pas de carène, comme cela se voit dans la L. viridissima. Dans le mâle , cette plaque sous-anale est beaucoup plus grande et surtout plus large que dans la L. viridissima. Les pattes sont d'un vert jaunâtre, allongées, grêles, armées d'épines

CINQUIÈME CLASSE. INSECTES. 15

d'un brun roussâtre, à l'exception cependant des deux premières paires dans lescpielles ces épines sont d'un jaune verdâtre à la base, avec l'extrémité d'un brun roussâtre.

Cette espèce a une très-grande analogie avec la L. viridissima, à laquelle elle ressemble au premier aspect; mais, étudiée avec soin, j'ai remarqué que le thorax était toujours sen- siblement plus allongé, et que les pâlies, surtout les postérieures, étaient un peu plus longues et plus grêles. La plaque sous-anale, dans les deux sexes, diffère aussi: clans la femelle, elle est plus allongée que dans la L. viridissima, avec la fissure qui la divise à son extrémité plus profonde; chez le mâle, cette même plaque sous-anale est aussi plus allon- gée et surtout beaucoup plus large (femelle).

Je rapporte à cette espèce la Locusta figurée par M. Savigny, dans le grand ouvrage d'Egypte, à la planche 4, fig. î1, i2 (femelle).

Cette Locuste est assez rare; je n'en ai rencontré que quelques individus, que j'ai pris, en juin, dans les environs de Milah et du cercle de Lacalle. Cette espèce se plaît sur les grandes herbes, dans les lieux humides, particulièrement sur les bords des ruisseaux et des lacs.

Genus Hetrodes, Fisch. Bradjporus , Serv. Barbibistes, BruH. Locusta, Auct.

26. Hetrodes Guyonii. (Pl. 2, lîg. i.)

Serv. Hist. nat. des ins. Orlhopt. p. 4o<4, 3.

Cette curieuse espèce n'habite pas les environs d'Alger, comme M. Audinet-Serville l'in- dique dans son estimable ouvrage; c'est beaucoup plus dans l'Ouest, c'est-à-dire aux envi- rons de Tenès, que l'on trouve ordinairement Y Hetrodes Guyonii. Je n'ai pas rencontré ce rare Orthoptère, qui m'a été communiqué par M. Guérin-Méneville.

Je ferai encore observer que cet Orthoptère remarquable habite aussi les frontières ma- rocaines, car j'en possède un individu qui m'a été donné par M. P. Gervais, et qui a été pris dans les environs de Lalla-Mar'nîa.

Pl. 2, fig. i. Hetrodes Guyonii, de grandeur naturelle, ia la tête vue de face, î1, l'extrémité de l'abdo- men vue en dessous.

Genus Ephippigera, Latr. Barbibistes, Charp. Locusta, Auct. 27. Ephippigera pachygaster, Luc. (Pl. 2, fig. 2.)

Long. 49 millim. targ. 21 millim. (mâle). Long. 55 à 57 millim. larg. 15 millim. (femelle).

E. viridis; thorace varioloso, in medio transversim bisulcato, anticè fusco macula to.posticè carinato for- titerque emarginato ; elytris parùm productis, fortiter reticulatis, flavis, fuscorufescente marginatis; abdo- minis ultimis segmentis utrinque fusco vittatis pedibus spinisque fuscorufescentibus.

Thorace in fœminà elongatiore, omnibus segmentis posticè flavescente maculalis.

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HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX ARTICULÉS.

Elle est d'un beau vert en dessus, plus pâle et légèrement jaunâtre sur les côtés et en dessous. La tète est lisse, ovoïde, avec le tubercule quelle présente entre les antennes peu saillant et assez profondément creusé longitudinalement en dessus. Les organes de la man- ducation sont de même couleur que la tête, avec les derniers articles cependant légèrement teintés de roussâtre. Les yeux sont très-saillants, d'un brun assez foncé. Les antennes, un peu plus longues que le corps dans les deux sexes, sont roussàtres, avec les deux ou trois premiers articles verdâtres. Le thorax, presque aussi long que large dans le mâle, plus allongé et un peu plus étroit cbez la femelle, est très-finement rebordé et orné, à son bord antérieur, d'une petite laclie d'un brun foncé; il est assez fortement variolé, et, près du bord antérieur, on aperçoit un sillon transversal assez profondément marqué, qui, en des- cendant sur les côtés, se joint à un autre sillon également transversal, mais qui est situé beaucoup plus postérieurement; entre ces sillons on remarque, de chaque côté, une saillie transversale, étroite, assez fortement prononcée; postérieurement, le thorax, moins forte- ment variolé qu'à sa partie antérieure, est très-relevé et présente dans son milieu une ca- rène assez saillante ; à sa base , il est profondément échancré , avec les angles antérieurs plus saillants, arrondis, moins tronqués que les postérieurs et les bords latéraux fortement sinueux. Les élytres sont courtes et ne dépassent pas beaucoup le thorax; elles sont fortement réti- culées, jaunes et largement bordées de roussâtre. L'abdomen, dans le mâle, est très-gros, renflé, entièrement vert, à l'exception cependant du premier segment, qui, à sa naissance et sur les parties latérales, présente un petit trait légèrement oblique, d'un brun roussâtre foncé; il est aussi à noter que, de chaque côté de l'avant -dernier segment et du dernier, on aperçoit une bande longitudinale d'un brun foncé, fortement marquée; enfin le dernier segment, à son bord antérieur, est plus ou moins fortement taché de roussâtre; en dessous, l'abdomen offre, dans sa partie médiane, une série de petites plaques écailleuses, arrondies, légèrement saillantes et au nombre de sept. Dans le mâle, la plaque sous-anale est beau- coup plus large que longue, arrondie postérieurement et profondément échancrée dans sa partie médiane; de chaque côté de cette échancrure, on aperçoit un petit appendice co- nique, jaunâtre, composé d'un seul article. Dans la femelle, cette même plaque est beaucoup plus étroite et plus largement échancrée que dans le mâle, et de plus, de chaque côté, à sa naissance, on aperçoit une échancrure petite, oblique, mais très-profonde. Les pattes sont d'un jaune verdâtre, avec les articulations fémoro-tibiales, les épines et les crochets des tarses d'un brun roussâtre.

La femelle diffère du mâle par une taille un peu plus petite; car, sans compter la tarière, elle ne dépasse pas 35 à 38 millimètres; son thorax est aussi plus allongé, avec les bandes brunes des segments abdominaux plus grandes, au nombre de trois et commençant au sep- tième segment. Il est aussi à noter que, postérieurement, tous les segments sont bordés par une série de petites taches jaunâtres. La tarière est d'un jaune verdâtre, allongée, aiguë à son extrémité, elle est entièrement lisse; elle est ordinairement plus longue que l'ab- domen, peu courbée, d'un brun assez foncé à la base et seulement en dessus, avec les bords supérieur et inférieur et le sillon latéral d'un brun roussâtre.

Pl. 2, fig. 2.Ephippiyera pachjgaster (mâle) , de grandeur naturelle, 2ala tête grossie vue de face, 2b plaque

CINQUIÈME CLASSE. INSECTES. 17

sous-anale mâle, 2e plaque sous-anale femelle, 2d l'extrémité de l'abdomen avec la tarière de la femelle vue de profil.

28. Ephippigera coslalicollis, Luc. (Pl. 2, lig. 3.)

Long. 33 millim. larg. 10 millim. (mâle). Long. 39 millim. larg. 9 millim. (femelle).

E. fuscovirescens ; thorace longiore quàm latiore, fiavescente marginato , fortiter tuberculato, transver- sim bisulcato, utrinque longiludinaliter costato, posticè sat sensiter carinato; elytris productis, rufis, subti- liter reticulatis, horum marginibus fuscorufescentibus ; corpore omnino viridi, utrinque lineâ longitudinali albidoflavescente marginato; pedibus suprà viridirufescentibus, infrà viridibus, fuscorufescente spinosis.

D'un brun verdâtre. La tête, entièrement verte, fortement tachée de roussàtre posté- rieurement, est lisse, ovalaire, avec le tubercule médian comme dans l'espèce précédente. Les yeux, ainsi que les organes de la manducation, sont d'une belle couleur verte, à l'excep- tion cependant de l'extrémité des mandibules, qui est d'un brun foncé. Les antennes, plus longues que le corps dans les deux sexes, sont d'un vert roussàtre, avec les premiers articles d'une belle couleur verte. Le thorax, bordé de jaunâtre sur les côtés et à la base, est d'un vert très-légèrement teinté de roussàtre; il est aussi long que large dans les deux sexes, assez fortement rebordé, avec son bord antérieur très-légèrement concave; il est très-fortement tuberculé et parcouru par deux sillons transversaux assez bien prononcés, et dont le posté- rieur, beaucoup plus grand et surtout plus profondément marqué, atteint presque les angles latéro-antérieurs, qui sont très-peu arrondis. De chaque côté du thorax, on aperçoit une côte ou saillie très-fortement prononcée, longitudinale, qui part de la base et s'arrête un peu avant les angles latéro-antérieurs; postérieurement, il est assez élargi, avec la carène assez sensi- blement marquée , son bord postérieur concave dans son milieu et les bords latéraux beau- coup plus fortement sinueux que chez l'espèce précédente. Les élytres sont assez avancées , bombées, beaucoup plus finement réticulées que dans VE. nigro marginata , avec la partie protégée par le thorax rousse , quelquefois d'un brun foncé et les réticulations des bords latéraux assez grandes, profondément marquées et d'un roussàtre foncé. L'abdomen, en des- sus, est entièrement d'un vert foncé, beaucoup plus clair en dessous, bordé, de chaque côté, par une raie longitudinale assez large, d'un blanc jaunâtre, qui part de la partie anté- rieure et atteint les derniers segments abdominaux: ces derniers, en dessus, sont bordés de rougeâtre postérieurement; la plaque sous-anale, très-grande, plus longue que large, cour- bée , est légèrement terminée en gouttière à sa partie postérieure , laquelle , à son extrémité , présente une échancrure assez profonde, avec le petit appendice conique, de même couleur que l'abdomen, mais dont l'extrémité est teintée de brun foncé. Les pattes, en dessus, sont d'un vert roussàtre , vertes en dessous, avec l'extrémité des épines et des tarses d'un brun roussàtre foncé.

La femelle ressemble entièrement au mâle; seulement elle est un peu plus grande, avec son thorax un peu plus étroit; la tarière, qui est d'un jaune verdâtre, est très-finement épineuse à sa partie inférieure, courbée, et bien plus courte que dans l'espèce précédente, car elle a à peine î L\ millimètres de long. La plaque sous - anale est beaucoup plus grande

Z"ool. Anim. articulés. IIIe partie. 3

18 HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX ARTICULÉS.

que chez YE. nigro marginata ; elle est très-profondément échancrée et forme, de chaque côté, une dent spiniforme très-prononcée.

Cette espèce est assez commune dans l'Est et l'Ouest de nos possessions, pendant les mois de mai, juin et juillet, particulièrement aux environs d'Alger, de Constantine et de Milan; elle se plaît dans des lieux frais, couverts d'herbes, et il n'est pas rare de rencontrer quel- quefois cette Ephippigère le long des tiges des grandes herbes, entraînant, accouplé, son mâle avec elle. J'ai assez souvent remarqué aussi que le mâle, pendant cet acte, mâchurait les antennes de sa femelle et l'obligeait à s'arrêter en la tiraillant de droite et de gauche: peut-être ce moyen est-il ainsi employé pour amener celle-ci à céder plus promptement à ses désirs.

Ayant reçu d'Alger un individu mâle de cette Ephippigère, je l'ai conservé vivant, chez moi, pendant plus de cinq semaines. Les mâles, ainsi que les femelles, vivent entre eux en mauvaise intelligence : ayant placé dans une boîte plusieurs individus des deux sexes, au bout de deux ou trois heures il ne m'en restait qu'un seul de vivant, encore fort mutilé.

Pl. 2, fig. 3. Ephippigera costaticoltis (mâle), de grandeur naturelle, 3" la tête grossie vue de face, 3b plaque sous-anale mâle, 3e plaque sous-anale femelle, 3'' l'extrémité de l'abdomen avec la tarière de la femelle vue de profil.

29. Ephippigera laticollis, Luc. (Pl. 2, fig. f\.)

Long. 36 millim. targ. 12 millim. (mâle).

E. viridis; thorace forliter varioloso tuberculatoque, anticè angusto, posticè lato , vix emarginato; elytris productis, prominentibus, la tis, flavorufescentibus, anticè fuscis, marginibus fortiter nigro-variolosis; ab- domine suprà omnino viridi, infrà pedibusque virididavescentibus , his nigro-spinosis.

Elle ressemble un peu à la précédente, avec laquelle elle ne pourra être confondue à cause de son thorax, qui est plus grand, beaucoup plus large, non caréné et à peine échancré. Elle est d'un beau vert en dessus, avec les parties latérales et tout le dessous du corps d'un vert teinté de jaune. La tête est lisse, ovalaire, plus petite que dans YE. pachygaster, avec le tu- bercule médian creusé longitudinalement, comme dans cette dernière espèce, mais plus saillant. Les organes de la manducation, ainsi que les yeux, sont d'un vert jaunâtre. Les antennes , d'un roussâtre assez foncé , avec leur naissance cependant d'un vert jaunâtre , sont plus allongées que dans l'espèce précédente, car ces organes dépassent de beaucoup le corps. Le thorax, beaucoup plus long que large, est assez finement rebordé, avec son bord antérieur étroit et légèrement concave ; il est assez fortement variolé , avec les sillons trans- versaux moins marqués que dans YE. pachygaster, et l'espace que l'on voit de chaque côté de ces sillons tuberculé et ne faisant pas saillie comme dans cette dernière espèce; posté- rieurement, il est très-élargi, non caréné, relevé, à peine échancré dans sa partie médiane, avec les angles latéro-postérieurs très-arrondis et ceux situés antérieurement presque termi- nés en pointe; enfin les bords des côtés sont fortement sinueux, et présentent de chaque côté, à peu près dans le milieu, une dépression assez profonde. Les élytres, plus grandes, plus larges et plus bombées que dans YE. pachygaster, sont d'un jaune roussâtre, avec la partie cachée sous le thorax d'un brun foncé ; elles sont réticulées et fortement ponctuées

CINQUIÈME CLASSE. INSECTES. 19

sur les bords externes, on aperçoit une série de points très-gros, d'un brun foncé, sépa- rés entre eux par des saillies très-prononcées, d'un jaune roussâtre. L'abdomen est bien moins renflé et surtout moins allongé que dans les E- pachygasler et cosiaticollis , avec la plaque sous-anale courbée inférieurement, beaucoup plus longue que large, en forme de gouttière, allongée et très-rétrécie postérieurement, légèrement écbancrée et munie, de chaque côté, d'un petit appendice conique composé d'un seul article. Les pattes sont d'un vert jaunâtre, avec les épines dont ces organes sont armés, d'un brun foncé à leur extrémité.

Cette espèce, qui se tient le long des tiges des grandes herbes et dont je ne connais que le mâle, est assez rare ; je n'en ai trouvé que quelques individus, que j'ai pris à la fin de juillet, au camp des Faucheurs, près du lac Houbeira, dans les environs du cercle de Lacalle.

Pl. 2, fig. 4- Ephippigera lalicoUis{mk\e), de grandeur naturelle, 4a plaque sous-anale mâle vue en dessous. 30. Ephippigera nigro marginala, Luc. (Pl. 2, fig. 5.)

Long. 35 millim. larg. 8 millim. (mâle et femelle).

E. viridiflavescens ; thorace varioloso, Iransversim fortiter bisulcato, posticè sensiter emarginalo ac sub- carinato; elytris productis, subprominenlibus, tuscorufescentibus, flavo fortiter reticulatis; abdomine supra flavovirescente, segmentis omnibus fortiter anticè fuscis, infrà omnino viridiflavescentibus; pedibus flavo subvirescentibus, fuscorufescente spinosis.

D'un vert jaunâtre; la tête est lisse, avec le tubercule qu'elle présente entre les yeux assez saillant et non creusé en dessus comme chez les espèces précédentes. Les organes de la manducation sont jaunâtres. Les antennes, beaucoup plus allongées que le corps dans les deux sexes, sont d'un jaune roussâtre, avec les premiers articles entièrement jaunâtres. Le thorax, dans les deux sexes, est de la même longueur, mais dans le mâle il est plus large, surtout postérieurement; il est de la couleur de la tête, assez fortement variolé, très-sen- siblement rebordé tout autour, avec son bord antérieur concave ; il est parcouru en dessus par des sillons transversaux, dont le postérieur plus grand, moins profondément marqué que l'antérieur, descend jusque sur les bords latéraux; postérieurement il est très-relevé, très-légèrement caréné; un peu plus sensiblement échancré, mais bien moins large que chez l'espèce précédente, avec les angles latéro-antérieurs plus arrondis et les bords laté- raux un peu moins sinueux. Les élytres sont très-avancées, bombées, d'un brun roussâtre foncé, avec les réticulations jaunâtres et beaucoup plus grandes que chez YE. laticollis. L'abdomen, en dessus, est d'un jaune verdàtre, avec le bord antérieur des segments large- ment bordé de brun foncé; il est aussi à noter que cette couleur, dans la partie médiane des segments, s'étend beaucoup et forme une tache arrondie qui atteint presque le bord postérieur; en dessous, il est d'un vert jaunâtre, ainsi que le sternum. La plaque sous- anale est presque aussi longue que large, rétrécie à sa partie postérieure, qui présente une échancrure profonde, avec le petit appendice qu'elle offre de chaque côté assez allongé. Les pattes sont d'un jaune très-légèrement teinté de verdàtre , avec les épines et l'extrémité des crochets des tarses d'un brun roussâtre foncé .

3.

20 HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX ARTICULÉS.

La femelle ressemble tout à fait au mâle; seulement son thorax est moins large posté- rieurement, et il y a des